La résistance sociale réduit d'un quart l'impact de la réforme des pensions
Treize jours d'actions nationales ont eu lieu contre le gouvernement ‘Arizona’ [d’après les couleurs du drapeau de l’État américain Arizona, reflétant les 5 partis de la coalition gouvernementale: N-VA (parti nationaliste flamand de droite), CD&V (parti démocrate chrétien flamand), Vooruit (parti social-démocrate flamand), MR (parti libéral francophone) et Les Engagés (parti démocrate chrétien francophone)]. Au cœur de nombreuses de ces mobilisations, la lutte contre les projets de démantèlement de nos pensions. Sous la pression d’en bas, le gouvernement a dû revoir sa réforme. Le malus pension1 et le durcissement des conditions pour la pension anticipée ont été atténués. Ces mesures ont ainsi perdu environ un quart de leur impact. Les chiffres que nous avons demandés au ministre des Pensions Jan Jambon montrent clairement que la lutte sociale paie.
« Cela prouve ce que nous affirmons depuis longtemps : la résistance sociale fait bouger les choses, explique notre député et spécialiste pensions Kim De Witte. La pression d’en bas a forcé le gouvernement à reculer. Aujourd'hui, toutes les périodes de maladie et de chômage temporaire sont prises en compte dans le calcul du malus pension, et celui-ci a été reporté d'au moins un an. Grâce à cela, près de 20 000 personnes échapperont à une sanction sur leur pension. De nombreuses autres mesures ont aussi été atténuées ou supprimées. »
« Ce n'est pas encore fini, souligne Kim De Witte. Malgré cette victoire, près d'un travailleur sur quatre qui ne peut pas travailler jusqu'à 67 ans écopera quand même d’un malus pension. Chez les femmes, cette proportion est encore plus élevée. En effet, plus d'une femme sur trois sera touchée. »
Il poursuit : « Le bonus-malus est injuste. Il pénalise les personnes qui commencent à travailler tôt, souvent dans un métier pénible et avec une pension plus faible, et récompense les personnes qui commencent à travailler plus tard et qui ont déjà une bonne pension. »
Sur le plan démocratique aussi, la résistance sociale a forcé le gouvernement De Wever-Bouchez à faire une première concession.
Avec la loi Quintin, le gouvernement entendait s'arroger le pouvoir d'interdire lui-même des organisations, sans aucune autre forme de procès, sans juge. Sous la pression soutenue exercée par une coalition composée de syndicats, d'organisations de défense des droits humains, d’organisations de la société civile, d’experts constitutionnels et du PTB, l’Arizona a dû faire marche arrière.
La compétence d'interdire définitivement une organisation incomberait à un juge. Cependant, même après ces modifications, la loi Quintin représente un danger pour notre droit d'association.
Les journées d'action qui ont eu lieu sont la preuve qu'il est nécessaire et utile de poursuivre la résistance sociale.
« Le gouvernement vacille et modifie ses projets sous la pression de la rue, conclut Kim De Witte. À présent, il est temps d’aller plus loin. La réforme des pensions doit être complètement balayée de la table. C'est la seule façon de protéger le droit à une pension digne pour tous. »
Voici un aperçu de toutes les journées d'action et des victoires concrètes qu'elles ont permis de remporter :

L'agenda de la résistance sociale en 2026
Beaucoup de choses vont bouger dans les semaines et les mois à venir. En 2025, la résistance sociale a fait vaciller le gouvernement, et en 2026, la lutte continue pour le faire définitivement reculer. Voici un aperçu des actions déjà prévues.

[1] Le gouvernement veut obliger un maximum de personnes à travailler jusqu'à 67 ans. Pour l’imposer, il a créé le « malus pension ». Avec ce malus, votre pension pourrait être réduite de 5 % pour chaque année de pension prise avant l'âge de 67 ans. Par année où vous partez à la pension plus tôt que l’âge légal de 66 ans ou 67 ans (à partir de 2030), vous recevez un malus de - 2% jusqu'en 2030, de - 4% jusqu’en 2040,et de - 5% après 2040.