Peter Mertens : « Souveraineté ou soumission ? Le gouvernement belge choisit les États-Unis plutôt que la paix »

Analyse
Author
Peter Mertens, secretaire général du PTB
https://x.com/peter_mertens

Les prix du gaz s’envolent à cause d’une guerre sale et illégale menée par Trump et Netanyahou. Ce sont les gens ordinaires qui vont payer la note, que ce soit pour leur chauffage ou à la pompe.

 


 

Theo Francken, ministre de la guerre, jette de l’huile sur le feu, pose pour des photos « en salle de guerre » et veut entraîner notre pays dans une guerre sans issue. Selon Francken, l’armée belge serait déjà en train de se préparer à intervenir au Moyen-Orient. Mais avec quel mandat du Parlement ? Avec quel mandat de la population ?

Pendant ce temps, le Premier ministre De Wever participe activement saper l’ordre juridique international en affirmant que le droit international ne s’appliquerait plus si les grandes puissances ne le respectent pas. Autrement dit : parce que Trump méprise les Nations unies et le droit international, les autres doivent faire de même.

Hier, Donald Trump, Marco Rubio et Pete Hegseth – respectivement président, ministre des Affaires étrangères et ministre de la Guerre des États-Unis – ont donné cinq versions différentes en une seule journée sur l’intervention américaine au Moyen-Orient. Ils entraînent le monde entier dans un conflit sans fin, qui menace non seulement la région, mais aussi l’Europe. Dans cette guerre, il ne s’agit que de pétrole, de ressources et de couper l’approvisionnement énergétique de la Chine.

À Davos, notre Premier ministre a parlé de « vassaux heureux et d’esclaves malheureux » face à Trump. Le chancelier Merz, le président Macron et consorts ont tenté de placer l’« autonomie » de l’Europe à l’ordre du jour. Mais regardez comme ils retombent vite dans la position de « vassaux heureux », docilement alignés derrière les provocations guerrières de Trump. Il est incroyable de voir à quel point notre gouvernement est complaisant envers les États-Unis et envers le criminel de guerre Netanyahou. Il est totalement irresponsable de voir Francken et consorts tenter d’entraîner notre pays dans cette guerre sans issue, qui ne fera qu’apporter plus de destruction et d’insécurité, comme les guerres contre l’Irak, la Libye et l’Afghanistan.

Hier encore, Tom Van Grieken, le chef de l’extrême droite, a rendu visite et posé pour des photos avec l’ambassadeur américain Bill White, qui applique actuellement le manuel de la "National Security Strategy". Ce document US précise noir sur blanc comment Washington entend diviser l’Europe et utiliser l’extrême droite pour y parvenir. L’extrême droite est un parti de la guerre qui soutient une politique qui fait monter les prix du gaz, veut restreindre les droits démocratiques et pousse le monde vers encore plus d’instabilité.

Pendant ce temps, nos camarades du parti Tudeh croupissent en prison en Iran. Je connais personnellement plusieurs Iraniens de la diaspora, membres du parti Tudeh, qui ont toujours résisté au régime.

Nous avons déposé des résolutions tant au Parlement européen qu’au Parlement flamand pour dénoncer la répression brutale en Iran, et nous continuons à soutenir les forces démocratiques et amoureuses de liberté dans ce pays. Mais aucun peuple ne peut aller vers la liberté en étant bombardé, et aucune intervention illégale des États-Unis n’a permis d’y parvenir ces dernières décennies. 
Regardez l’Irak, la Libye et l’Afghanistan, où des centaines de milliers de personnes ont perdu la vie et où l’extrémisme religieux n’a fait que croître. Soutenir cette guerre illégale, c’est se rendre complice de plus de répression et de misère.

Comme l’Espagne, la Belgique doit refuser toute implication militaire dans cette guerre. Pendant ce temps, Trump a aussi menacé l’Espagne, et au lieu de défendre ce pays, les dirigeants lâches de Berlin, Londres, Bruxelles et Paris ne disent rien. La ministre du Travail espagnole Yolanda Díaz a raison de dire que « l’Espagne n’accepte ni chantage ni leçons d’un pays agressif ». Elle a ajouté : « Nous sommes un pays de paix. Si les États-Unis veulent un allié, qu’ils commencent par respecter notre souveraineté et le droit international. »

Il s’agit bien de « souveraineté ou soumission », comme le dit à juste titre l’Espagne. Il est temps de choisir le camp du peuple, de la souveraineté et de la paix."

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